samedi 18 juillet 2009

I told you I would



Despite it seems too soon, it's how I feel.
The fact it's all so new does not make it unreal.
Can't you hear it from my heart when it blows ?
Can't you read it in my eyes, guess it in their glows ?

I do believe that you could be the one
To take my breath away, without stealing my soul.
I do believe that you could be the sun
To shine over my life, the one star I would troll.

You saw I'm not really the timid kind.
If it's clear in my head, then it has to be shared.
The most beautiful things grow in my mind
And, when it's so beautiful, how could you be scared ?

We don't know each other, I do know that.
I trust my instinct, which often seems to be right.
Spread joy all around is what I'm good at.
Let me spread some on you, through the day and the night.

dimanche 28 juin 2009

Sulamite


Hommage à un homonyme et à la "Fugue de Mort" de Paul Celan.






De tes cheveux j'aime la cendre
Sulamite
Je lis la mort sur ton visage
J'aime son charme ésotérique
Auprès de toi je veux m'étendre
Sulamite
Et me délecte du présage
De ta beauté cadavérique

De tes grands yeux j'aime la cendre
Sybarite
Tu as la beauté du martyr
Moi le goût de la fin tragique
Tout contre toi je veux m'étendre
Sybarite
Je veux caresser et sentir
Ton élégance léthargique

De tes cernes j'aime la cendre
Sulamite
Ta peau est froide serpentine
Je rêve l'instant fatidique
Au fond de toi je veux descendre
Sybarite
Pour imprimer sur ta rétine
Ma dernière pulsion sadique

mercredi 24 juin 2009

Two Killers


Londres



I've seen a lot of stars
Shining bright up above
But they don't shine as bright
As your eyes my dear love

I've had a lot of scars
Bleeding me dry to death
But it was a delight
Giving you my last breath

Your eyes are two killers
And they just caught me

I saw your two killers
And they murdered me

vendredi 17 avril 2009

Au bord d'elle

Un texte proche du précédent dans sa structure et qui tire son inspiration de la même source musicale.




A la courbe de ses cils
J'ai vu briller l'étoile
Astre doux, pur et gracile
Luisant entre les voiles

Et je me suis penché
Au bord, tout au bord...
... d'elle.

A la courbe de sa bouche
J'ai vu monter l'écume
Chevauchée blanche et farouche
Sous la lune et la brume

Et je me suis penché
Au bord, tout au bord...
... d'elle.

A la courbe de son cou
J'ai vu choir une mèche
Liane égarée tout à coup
Sur sa peau claire et fraîche

Et je me suis penché
Au bord, tout au bord...
... d'elle.

A la courbe de ses seins
J'ai vu rosir sa chair
Veloutés petits coussins
De soie et de lumière

Et je me suis penché
Au bord, tout au bord...
... d'elle.

A la courbe de son cœur
Je suis penché pour voir
Si le bonheur vient y boire
Et le chagrin s'y meurt

Et toujours je demeure
Au bord, tout au bord...
... d'elle

vendredi 10 avril 2009

Ruisseau




Au ruisseau de tes lèvres
J'ai bu l'eau la plus pure
Et un poison amer

J'ai éprouvé la fièvre
De ce mal éphémère
J'ai senti sa brûlure

Au ruisseau de tes larmes
J'ai bu l'eau la plus tiède
Et un poison mordant

J'ai succombé au charme
De ce mal dévorant
Qui reste sans remède

Au ruisseau de ton cœur
J'ai bu l'eau la plus claire
Et un poison violent

J'ai senti la douceur
De ce mal accablant
Plus tranchant que l'éclair

Au ruisseau de ton âme
J'ai bu une eau d'azur
Et un poison céleste

J'ai vu briller la lame
De ce trouble funeste
J'ai senti sa coupure

Du ruisseau de ton âme
Je connais la blessure

jeudi 2 avril 2009

La genèse de ton regard




Tu ouvres les yeux sur le monde
Et il renaît de tes iris
Toi qui réinventes l'aurore
Fais-la plus tendre et plus profonde
Que la passion puisse y éclore
Plus rose et plus consolatrice

Toi qui réinventes le temps
Fais-le caressant et moins triste
Fais-le plus clair fais-le plus beau
Et que tes grands yeux éclatants
Orne de mille et un flambeaux
Cette obscurité qui persiste

Tu ouvres les yeux sur le monde
Et il renaît de tes prunelles
Toi sans qui rien n'a d'importance
Tu es la sève, tu es l'onde
Tu es le bleu qui étincelle
Le feu sacré de l'existence

Toi qui réinventes la vie
Qui es cet air que l'on respire
Toi la source fluorescente
Fais jaillir à nouveau l'envie
L'élan de vivre qui nous hante
Fais-nous souffrir, fais-nous sentir

Tu ouvres les yeux sur le monde
Et je renais dans ton regard
Tu inspires les battements
De mon cœur à chaque seconde
Ouvre tes grands yeux si charmants
Si tu les fermes je m'égare

lundi 30 mars 2009

Outback






Quand le didgeridoo bourdonne
Je vois un mont de sable rouge
Qui s'élève, tournoie et bouge
Mélangeant le feu et l'azur
Quand le didgeridoo résonne
Je vois vibrer ce grand mont pur

Quand le didgeridoo entonne
Un hoot si profond d'amertume
Les cieux s'embrasent et allument
Mille teintes d'orange et d'or
Quand le didgeridoo frissonne
Soudain le ciel devient trésor

Quand le didgeridoo entame
Des quintoiements légers et vifs
Il réveille le vent lascif
Qui caresse alors l'herbe folle
Quand le didgeridoo s'exclame
Soudain le vent chaud batifole

Quand le didgeridoo s'enflamme
Dans la savane qui s'endort
Son souffle pénètre les corps
Et s'insinue dans tous les coeurs
Quand le didgeridoo se pâme
Nos âmes se pâment en choeur

lundi 23 mars 2009

Even if

Sain-Malo depuis Dinard.


Even if the sky is turning grey
Even if a storm is coming
I won't let you down, you see I'll stay
Even if the sky is drumming

Even if the world is upside down
Even if the ocean's churning
I won't go away, I'll stay around
Even if the ocean's burning

Even if the winds are blowing hard
Even if the poles are melting
You can run to me, I'll be your guard
Even if the winds are howling

Even if the sun is turning cold
Even if the earth is falling
I shall stay with you just like I told
Even if the sun is freezing

Even if sometimes I break your heart
Even if sometimes you're hurting
This world is nothing if we're apart
And I need the magic you bring

dimanche 15 mars 2009

Obsèques


Une nouvelle qui ne participera pas à un concours sur le thème "Vélo".




Jeudi 20 novembre 2008, 15h30, enterrement de François Caradec.


François Caradec est mort. Je n'en reviens toujours pas. J'aurais eu tant de choses à lui dire... Il y a à peine quelques semaines, j'apprenais son entrée à l'hôpital et c'est déjà fini. Déjà trop tard. Oh, il a bien vécu, longtemps, 84 ans. Si on se réfère à l'actuelle espérance de vie masculine, il a bénéficié d'un coquet sursis. D'ailleurs les gens alentours semblent calmes, apaisés, recueillis mais pas éplorés, tristes sans être dévastés.

La cérémonie a lieu dans une allée du cimetière Montparnasse. Famille, amis et collaborateurs font des discours. Ses comparses du Collège de Pataphysique et de l'Oulipo lui rendent hommage par quelques jeux de langue dont ils ont le secret. Ses compagnons de l'Académie Alphonse Allais évoquent à leur tour les bons souvenirs.

C'est Alphonse Allais qui m'a conduite ici, dans ce cimetière, en novembre, ces lys blancs à la main. Et je porte des bas noirs ! Moi, porter des bas... Moi qui vais toujours jambes et bras nus sans me préoccuper du mercure. Maintenant que les thermomètres à mercure ont disparu, vous verrez que, dans peu de générations car cela va très vite, nos descendants ne comprendront même plus cette synecdoque (et vu la déperdition intellectuelle que tout le monde déplore, peut-être le mot "synecdoque" lui-même aura-t-il disparu) et il faudra mettre des notes de bas de page dans les livres pour leur expliquer que leurs ancêtres, ces imprudents, utilisaient cette substance à l'inhalation hautement toxique afin de mesurer la température.

Je porte des bas noirs. Je n'ai qu'une paire de bas. Ils sont noirs, je ne les porte qu'aux enterrements et je les porte, aujourd'hui, à l'enterrement de François Caradec. Dans cette foule où tous les visages me sont inconnus ou presque. Je ne serais pas là s'il n'y avait eu Alphonse Allais.

Je sortais d'une dépression, j'avais annulé mon mariage, arrêté mes études. Un jour, il a fallu recommencer à vivre. La dépression n'avait pas été grave, peu s'en étaient rendu compte, à vrai dire. On avait cru à un caprice. Mais il fallait fermer la parenthèse. Ranger soigneusement la robe blanche au fond de l'armoire, sous des couvertures, pour commencer à l'oublier. Ce n'est parce que l'on est celui qui quitte que l'on sait ce que l'on va faire après. Et je n'avais pas su. Et soudain le vide s'était emparé de moi.

Reconstruire. Avec quoi ? J'avais consacré six mois de recherche à Alexandre Dumas, ses Contes pour les grands et petits enfants que personne ne connaît. J'adore les contes pour enfants, parce qu'ils sont rarement "vraiment" pour enfants. Je ne trouve à aucune autre forme de récit - et par "récit", j'exclus la poésie - une telle force de sens sous-jacente, pareil surgissement ontologique. Cependant, j'étais lassée de Dumas. Et des métaphores, car c'était-là mon objet d'étude. Pour le néophyte, cela peut paraître normal d'étudier la métaphore dans des contes pour enfants, ça ne l'est pas. Dans un univers merveilleux, où tout, absolument tout, est possible, la métaphore existe-t-elle ? Lorsqu'une fleur vous salue, baissant la tête, peut-être est-elle réellement en train de baisser la tête pour vous saluer, peut-être n'est-ce pas juste une façon de parler, peut-être n'est-ce pas juste sous l'effet du vent. Mais je n'en pouvais plus des métaphores. Cela demande une gymnastique cérébrale très aiguisée. On se met à faire des tableaux, des schémas, des équations, tout un tas de choses fondamentales mais qui vous éloignent peu à peu de la magie mystique du verbe. Il fallait que je trouve autre chose, un autre sujet.

Alphonse Allais. Humoriste découvert complètement par hasard, dans la médiathèque de la rue Évariste de Parny, à la Possession, sur l'île de la Réunion. Ce qui n'a rien de bien extraordinaire puisque je suis née à la Réunion, que j'habitais à la Possession et que j'allais régulièrement à la médiathèque de la rue Évariste de Parny. Mais pourquoi avoir emprunté du Allais ? Je ne me souviens guère, mais je soupçonne l'explication fort simple. Allais se trouvait à la lettre "A", en début de rayon, donc. Il n'a pas changé ma vie, ce jour-là. Il a bel et bien changé ma vie, mais cela fut extrêmement diffus, lent et souterrain. Cela s'est finalement manifesté dans le choix de mon nouveau sujet : Le Paradoxe de la mort drôle chez Alphonse Allais. Travailler sur ce thème signifiait beaucoup pour moi, c'était adopter une philosophie où tout est grave mais tout est drôle donc rien n'est grave. C'est avec Allais que j'ai reconstruit.

Et, par conséquent, avec François Caradec qui fut son biographe, et qui allait même jusqu'à imiter sa moustache. La vie d'Allais contée par François Caradec, c'est du grand art. Mon admiration pour le "biographé" s'est étendu au biographe et j'ai commandé d'autres ouvrages de François Caradec. Ils ont mis une éternité à arriver. Entre temps, mon mémoire sur Alphonse Allais s'était attribué les honneurs de la Sorbonne. Encouragée par cette reconnaissance universitaire, j'ai pris contact avec le président de l'Association de Amis d'Alphonse Allais, pour lui demander si la lecture de mes travaux pouvait intéresser son organisme. Nous nous sommes rencontrés, un après-midi, au Murat. Vendredi dernier. Il m'a longuement parlé de son association, m'a félicitée pour mon mémoire que je lui avais adressé par mail. C'était il y a moins d'une semaine et François Caradec était décédé la veille.

Voilà pourquoi je me retrouve là, à son enterrement, sans l'avoir connu, sans l'avoir ne serait-ce que croisé. Rencontrer quelqu'un le jour de ses funérailles, c'est un peu étrange.

Tout à l'heure avant de sortir, j'ai pris mon courrier dans la boîte aux lettres. L'ironie tragique était à l'oeuvre. L'Histoire de la littérature enfantine en France de François Caradec, commandée il y a des mois, autant par intérêt pour son rédacteur que pour la littérature enfantine en soi, était arrivé. Ce livre est arrivé - coup du destin qui ne s'invente pas - le jour-même de l'enterrement de son auteur. Autre phénomène singulier : assister à un enterrement suite à un mémoire sur la mort drôle...

Mais je pense, je pense et la cérémonie avance...

Ce sont à présent ses collègues de l'émission radiophonique "Des papous dans la tête" qui ont pris la parole. Afin de lui dire adieu de façon originale, ils ont décidé de nous passer un enregistrement peu conventionnel : François Caradec, chantant. Lors d'une émission, il avait voulu chanter un vieil air de son enfance, à propos d'une bicyclette.

On lance l'enregistrement. J'entends pour la première fois - car je n'écoute pas la radio et, par voie de conséquence, pas "Des papous dans la tête" - la voix de François Caradec. Et il me chante cette invraisemblable rengaine sur une bicyclette et des moutons et une bergère et que sais-je encore... Je ne retiens que la bicyclette. Quelle sensation à la fois inconfortable et néanmoins intéressante d'entendre la voix d'un défunt tout en fixant son cercueil. La chanson n'en finit pas. François Caradec chante encore et toujours et sans fin cette fameuse bicyclette. Cette bicyclette hors de propos, qui n'a pas grand chose à faire là, un peu comme moi. Ou peut-être qui a justement tout à faire là. Cette bicyclette qui représente peut-être la vie, ses cycles, la mort. François Caradec s'éloigne, nous quitte, à dos de bicyclette. Et moi ? Je sens poindre en mon âme un soulagement salvateur. François Caradec est en train d'emporter avec lui, à dos de bicyclette, une partie de mon chagrin, de tout ce chagrin qui me bouche les pores. Dans son cercueil, c'est un peu de ma vie d'avant qu'il emporte avec lui... La nouvelle n'attend que moi.

mardi 3 mars 2009

More than you know


Jungfrau- Suisse



We've been sitting on these chairs
For a while now
Without a word without a glance
And between us just a desert
And some dead prayers
I wanna give it one more chance
But don't see how
And I'm hurt...

More than you know

You've been mourning on this chair
For a while now
Without a hope without a smile
Forgetting all the love we had
But it's not fair
I wanna think it is worthwhile
But don't see how
And I'm sad...

More than you know

I've been crying on this chair
For a while now
Without a tear without a noise
Just trying not to let us drown
In some despair
I wanna think of our joys
But don't see how
And I'm down...

More than you know...

We've been dying on these chairs
For a while now
Without a kiss but it's enough
I wanna keep you by my side
In tender cares
Our future can be bright and wide
No matter how
And we're tough

More than you know