vendredi 25 mai 2007

À vos morts


À nos amours manquées
Ô muses de mon coeur
À mes rires à vos larmes
Et oui chacun son tour

À vos coeurs étriqués
À vos parfums moqueurs
Remballez donc vos charmes
Et vos plus beaux atours

À mes amours déçues
Ô belles qui nuit et jour
Avaient fermé vos portes
Hermétiques à ma plume

Vous n'avez pas reçu
Mes "Je t'aime pour toujours"
Mes poèmes en cohorte
Ma vie qui se consume

À vous fières indolentes
Ô dames si perfides
À vos âmes à vos corps
Qui m'étaient interdits

À vous indifférentes
À vous vaines sylphides
À tous vos désaccords
Et soupirs étourdis

Et oui chacun son tour
De faire du mal à l'autre
Je le dis sans détours
Ma mort sera la vôtre

jeudi 24 mai 2007

Le miroir brisé

Paris


Sans regrets, pleine d'espoir
Je viendrai le coeur battant
En espérant te revoir
Espérant que tu m'attends

Sans regrets, pleine d'espoir
Mes yeux te diront "Je t'aime."
Et mon coeur ému veut croire
Que les tiens diront de même

Sans regrets, pleine d'espoir,
Sur tes lèvres entrouvertes,
Je déposerai ce soir
Mes propres lèvres offertes

Sans regrets, pleine d'espoir
Sur ton torse électrisé
Je poserai dans le noir
Le plus fougueux des baisers

Sans regrets, pleine d'espoir
Je t'aiderai à saisir
Ce monde hallucinatoire
Où soudain tout est Plaisir...

Sans regrets, pleine d'espoir
Je suis pourtant toujours là
Seule devant mon miroir
Gisant en milliers d'éclats

mardi 22 mai 2007

Pour que sourire ne soit pas vain


Séville


Elle est entrée dans la café,
Toute souriante et décoiffée.
Elle riait avec ferveur,

Elle a souri au serveur.

Elle s'est assise à sa table.
Le serveur d'une voix affable,
Lui a demandé : " S'il vous plaît ?
- Un café noir avec du lait. "
D'un charmant sourire brillant,
Elle a ajouté en riant :
" Sans sucre, pour garder la ligne. "
Il n'a fait qu'acquiescer d'un signe.

Le beau serveur indifférent
A apporté la tasse blanche,
Sans deviner la passion franche,
Du sourire persévérant.

Son sourire disait : " Je t'aime,
Comme j'aime le matin blême
D'un long dimanche qui se traîne ;
Comme j'aime la nuit sereine,
Où la lueur de l'astre égraine
De petits diamants dans les yeux
Des amants contemplant les cieux ;
Comme j'aime le chant du frêne,
Qui si doucement se balance
D'une paisible nonchalance. "

Mais le serveur n'a pas compris
Qu'un tel amour n'a pas de prix.
Et le serveur n'a pas su voir
Qu'un tel amour, sans le savoir,
En son coeur-même avait grandi.

Il n'a pas su, il n'a rien dit.
Alors, le sourire est parti.
Et la jeune fille est sortie.

lundi 21 mai 2007

Les bleus


L'hôte de ces lieux


Les bleus des femmes violées
Ne sont pas bleus mais violets
Leur sang rouge a coloré
Leurs cieux bleus en violâtre
Elles ont eu beau se débattre
Elles ont eu beau implorer
Quelque chose s'est envolé
Volé par celui qui violait

dimanche 20 mai 2007

L'Hermitage


L'hôte de ces lieux à Lacanau-Océan


Marcher sur la plage.
L'eau ressassée comme mes pensées.
S'asseoir sur le sable.
Le vent frais comme tes caresses.
Fermer les yeux.
Ton souvenir comme un soupir.
Verser une larme.
Ton silence comme une souffrance.
Sourire.
Ton visage comme une confidence.

Marcher sur la plage,
Coucher le soleil,
Le border de nuages,
Dans son lit arc-en-ciel.
Marcher sur la plage,
N'avoir que toi en tête.
Inspirer.
Inspirée.

vendredi 18 mai 2007

Le vent porte


L'hôte de ces lieux



Sur ma robe blanche, les baisers se perdent.
Dans mes cheveux bruns, naissent des promesses.
Les caresses s'échangent sur les roses étalées.

Marions-nous sous le saule, qu'ils soit seul à pleurer.

Et dans ton jabot, nos regards égarés.
Sur ta bouche humide, un soupir interdit.
Sur ton coeur, mon aimé, une main posée.

Marions-nous sur le sable, que le vent l'emporte.

Enfer


Barrage de la Grande-Dixence (Suisse)



Je marche sur les braises
Dont l'enfer est pavé
Je respire le soufre
L'opprobre et la colère
Je gravis des falaises
D'ambitions dépravées
Je sombre dans les gouffres
Où meurent les prières

Le silence est de mort
Le soleil est brûlant
Le temps s'est arrêté
Figé en pleine chute
Je n'ai pas de remords
De regrets accablants
Rien à regretter
Pas la moindre minute

J'ai douce souvenance
D'une amitié sincère
Que la fièvre d'un soir
M'enleva à jamais
Pourtant sa résonance
Continue à me plaire
Jouant dans ma mémoire
Au passé désormais

Cette mélodie sourde
Peut être tour à tour
Blessure inguérissable
Ou baume salvateur
Elle est parfois trop lourde
C'est un poids que toujours
Chéri et haïssable
Je garde dans mon coeur

Les braises de l'enfer
Me rongent, me dévorent
Et bientôt consumée
Je deviendrai poussière
Pourtant dans l'atmosphère
S'élèvera encore
Au milieu des fumées
Notre amitié d'hier

jeudi 17 mai 2007

Atlantide


Plage de Boucan Canot (Ile de la Réunion)



À ta poursuite
À ta conquête
Trésor des mers profondes
Cité détruite
Ville défaite
Mystère d'un autre monde
Secret des mers d'azurs
Arcane de l'obscur
Perdue sous les décombres

Vers toi je sombre

mercredi 16 mai 2007

Sa promesse


La Possession (Ile de la Réunion)



Il faudra que tu viennes.

C'est si beau ! Sans prétention, une beauté simple, touchante. Oh oui, viens, la nuit, à ma fenêtre, la lune ne manquera pas d'y être. Les feuilles du manguier se soulèveront mélancoliquement au passage du vent. L'herbe sera perlée, le ciel émaillé. Assis dans l'embrasure, nous prêterons l'oreille au son profond, profondément rond, de la sirène d'un paquebot quittant le port, sous l'oeil de ces grues oranges qui m'effrayaient jadis. Je mettrai de la musique. Quelque chose de lent, peut-être un peu poussif, quelque chose de calme, plein, paisible. Tu glisseras ta main dans la mienne en un sourire. Les palmes du cocotier se détacheront une fois de plus sur la toile obscure et lointaine du paysage. Nous nous sentirons légers, neufs. Le sel de la côte mêlera son parfum à celui de la terre humide. Nos yeux exhaleront des fragrances amoureuses, nous évitant la banalité d'échanger des je t'aime. Il faudra que tu viennes. Si c'est bien moi que tu veux connaître, c'est dans cette atmosphère, bien précise, si unique, que tu me connaîtras. C'est ainsi que je suis vraiment moi.

Viens, je t'en prie, la lune m'a promis d'y être...