lundi 14 avril 2008

Saga n°12


Avant de vous livrer l'épisode final, je me suis dit que j'allais partager avec vous le bilan de cette expérience.

Elle fut enrichissante. La contrainte de devoir produire, chaque jour (et certaines fois plusieurs fois par jour), une nouvelle fournée était un défi excitant.

Cela m'a permis de me rendre compte que ma vitesse d'écriture est parfaitement et même ennuyeusement constante. Chaque demi-chapitre, m'a pris (à quelques minutes près) 3 heures de rédaction. Cette durée inclue les conversations sur msn, les "pauses yaourt" (ceux qui me connaissent savent que le yaourt fait partie de mon alimentation de base), les quelques recherches documentaires, le choix d'une photo d'illustration et la mise en ligne.

Rien de tout cela n'aurait été possible sans l'irruption dans ma vie de Maxime Mianat (ou Myblack pour les non-intimes), à qui je dédis cette saga. C'est ce jeune homme au cynisme éclairé qui m'a donné envie de me lancer dans l'aventure. Il a été ma muse, ma source d'inspiration. Je tenais à l'en remercier publiquement.

Il y a deux autres personnes que je voudrais saluer. La première est Cédric Plante, qui m'a adressé des éloges très flatteurs, et la seconde Ludmilla Tajtelbom, qui, pour sa part, fut une critique acerbe. Vos opinions ont réellement compté pour moi, en bien comme en mal. Cédric, merci pour tes encouragements. Ludmilla, merci pour ta franchise.

Je suis pleinement consciente du fait que cette nouvelle est dégoulinante de niaiserie - ce qui en a rebuté plus d'un - mais c'était là tout l'intérêt de la "saga". Si j'avais voulu écrire une œuvre puissante et sérieuse, j'aurais employé un autre terme. Je revendique l'aspect "cruche" de la chose. J'ai toujours été fan des novelas sud-américaines, de leur côté excessif et fleur bleue. Je l'avoue sans la moindre honte. Ce fut un plaisir d'en inventer une moi-même, ma vision de la vie et de l'amour étant beaucoup moins enchantée, beaucoup plus crue, plus froide.

Il ne me reste qu'à vous révéler enfin le titre de l'histoire :

Je t'aime encore

Bonne lecture !



***


Chapitre 6 (suite)





Henri avait eu grand mal à trouver le sommeil, des pensées déçues s'agitaient dans sa tête. Cependant, la fatigue d'une journée mouvementée avait finalement eu raison de lui. Il dormait dans sa position habituelle de l'étoile de mer, quand, tout à coup, il sursauta. On frappait à la porte.

- Hein ? Quoi ?

- Henri, c'est Georgia.

- Euh, oui, je viens...


Il se leva, jeta un oeil à sa montre. Il était 4h37. Il ouvrit.

Elle l'embrassa.

Il n'avait pas eu le temps proférer le moindre son, elle avait bondi sur ses lèvres. Il l'entoura instinctivement de ses bras. Elle lui caressa les cheveux. Leurs langues se rencontrèrent. Elle vint presser sa poitrine tout contre lui. Il l'entraîna à l'intérieur de la pièce. Elle claqua la porte derrière elle. Henri émergea soudain des limbes. Il rompit brusquement l'étreinte et se réfugia à l'autre bout de la chambre.


- Je sais que je suis un idiot et que je devrais sûrement en profiter sans poser de question, mais je dois savoir. Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Henri, allons... Elle fit un pas dans sa direction.

- Ne t'approche pas. Je veux d'abord savoir ce que tu fais ici.

- Sinon quoi ?

- Sinon je... sinon rien. Réponds-moi, s'il te plaît.

- J'avais envie de te voir.

- Tu avais envie de voir l'intérieur de ma bouche ?

- Henri, je ne comprends pas. Tu te comportes de façon ridicule.

- Georgia, je ne coucherai pas avec toi si ça n'est que sexuel. Tu m'as dit que tu ne m'aimais pas. Pour moi, ça s'arrête là. Maintenant, retourne dans ta chambre et demain on fera comme si rien ne s'était passé.

- C'est dommage parce qu'il va se passer quelque chose. Elle se dirigea vers lui, fixa ses yeux effrayés et l'embrassa de nouveau.

- Arrête ! Tu me fais du mal. Pourquoi tu fais ça ? Qu'est-ce qui te prend ? Tu crois que je suis un de tes jouets ?

- Henri, il y a des choses qu'on n'a pas forcément besoin de dire avec des mots, il y a des moments où les gestes suffisent.

- Où les gestes suffisent à quoi ?!

- À te dire que je t'aime.

- Quoi ?! Son expression dénotait une incrédulité totale.

- J'ai eu tort de prétendre le contraire. Je voulais tellement te protéger que je me mentais en partie à moi-même. Je voyais ma frivolité. Et je te voyais, toi, si pur, si plein d'espoir. J'ai eu peur de te faire souffrir. Et puis, j'ai réalisé que la dernière chose dont tu as besoin c'est que l'on te protège. C'est tout le contraire. Ce dont tu as besoin c'est qu'on te pousse à vivre l'instant, et tant pis si un jour ça fait mal. Il faut que tu vives ! Tout ce que tu as besoin de savoir c'est que, ce soir, je t'aime.

- Et demain matin ? Qu'est-ce que je vais faire si tu ne m'aimes plus demain matin ? Je ne veux pas d'une histoire sans lendemain. Je veux être avec quelqu'un qui puisse m'aimer tous les jours !

- Henri, il y a quelque chose qu'il va falloir que tu apprennes et que tu apprennes vite : je t'aime, ça se dit au présent. Et ce n'est pas un présent de vérité générale, ça ne dure pas forcément toute la vie. Le message de cette phrase ne réside pas dans la durée mais dans l'idée ! Il est trop tôt pour se faire des promesses, ce serait naïf et précipité de se mettre à dire "je t'aimerai toujours". Je t'aime. Tu es un homme formidable, tu es attachant, et bien plus surprenant que tu ne le laisses paraître. Tu me plais de mille et une manières. Henri, je t'aime, je te le dis maintenant. Pour avoir un futur, il faut un présent. Est-ce que tu veux donner à notre futur une chance d'exister ?

- Oui.

- Alors, bon sang, cesse tes enfantillages !


Il repassa ses bras autour d'elle et la serra très fort, en l'embrassant dans le cou. Elle glissa ses mains sous son tee-shirt et caressa langoureusement les poils de son torse, tandis qu'il appliquait à nouveau sa langue contre la sienne.


***


Pour la première fois de sa vie, Henri se réveilla avec une femme à ses côtés. Il faisait plein jour. Elle ne dormait pas, elle le regardait.

Georgia déposa doucement un baiser sur son épaule, puis elle murmura tendrement : "Je t'aime encore."



Fin