S'il fallait vraiment dire ce qui fut vraiment ressenti, ouvrir trop grand les portes d'un coeur paisiblement enfoui, et dire sans pudeur ce que l'on s'efforce de taire, faire glisser un à un, très lentement, très suavement, les fins voiles empourprés d'une fugace timidité, s'il fallait que je parle en toute sincérité, que j'expose au grand jour - à ce grand jour d'hiver si clair, si clair - les mots exacts qui ornent ma pensée, peut-être dirais-je alors...
Combien ce regard m'a troublée,
Chavirée, fait trembler,
Désemparée,
Lorsque je l'ai croisé,
Combien ce regard m'a émue,
Vaincue,
Lorsque je l'ai revu,
Peut-être dirais-je alors,
Peut-être dirais-je encore,
Combien ce regard m'a suivie,
Jours après nuits,
Anéantie,
Peut-être ajouterais-je,
Peut-être bien - qu'en sais-je ? -
Qu'il me faut le revoir, que je vis cet espoir.
Que je vis cet espoir.




