mercredi 24 décembre 2008

Les Hypothèses




S'il fallait vraiment dire ce qui fut vraiment ressenti, ouvrir trop grand les portes d'un coeur paisiblement enfoui, et dire sans pudeur ce que l'on s'efforce de taire, faire glisser un à un, très lentement, très suavement, les fins voiles empourprés d'une fugace timidité, s'il fallait que je parle en toute sincérité, que j'expose au grand jour - à ce grand jour d'hiver si clair, si clair - les mots exacts qui ornent ma pensée, peut-être dirais-je alors...

Combien ce regard m'a troublée,
Chavirée, fait trembler,
Désemparée,
Lorsque je l'ai croisé,
Combien ce regard m'a émue,
Vaincue,
Lorsque je l'ai revu,

Peut-être dirais-je alors,
Peut-être dirais-je encore,
Combien ce regard m'a suivie,
Jours après nuits,
Anéantie,

Peut-être ajouterais-je,
Peut-être bien - qu'en sais-je ? -
Qu'il me faut le revoir, que je vis cet espoir.

Que je vis cet espoir.

lundi 1 décembre 2008

Tour de l'horloge - Gare de Lyon

Gare de Lyon - Cergie/Lucie.



Un cadre blanc et circulaire, cercle lunaire. L'horloge observe. L'horloge attend. Elle a tout son temps. Les heures s'évaporent, incolores. La vie s'étire, la vie s'étend, la vie s'endort.

Un cadre blanc strié de noir, elle porte ses habits du soir. L'horloge épie. Elle est patiente. Et se moque bien qu'il vente. Son œil est toujours luisant, toujours le reflet d'un présent qui semble défier la mort. Pourtant, déjà le passé vous mord, et l'avenir est inquiétant.

Un flambeau dans la pénombre. Des cœurs s'arrêtent. Le monde s'écroule. Par milliers, les hommes sombrent. Et l'horloge, de son gracieux port de tête, contemple, amusée, l'agonie de la foule.

Un cadre blanc et circulaire, crépusculaire. Un cadre blanc strié de noir, de désespoir. L'horloge est sage, la fin viendra. Le néant ouvrira ses bras. Le vide montrera son visage.

L'horloge entonne des heures qu'elle connaît par cœur.
Le Temps s'y meurt ...