mardi 21 juillet 2009

Bassas da India

Érik Surcouf



Comme ce fragment de France, dans le Canal du Mozambique, ton œil est un atoll, un anneau de corail. Il est semé d'épaves qui peuplent ton iris, vestiges d'anciennes flammes, secouées au gré des larmes.

Comme ce chaînon de France, au large du Mozambique, ton œil hésite encore entre carmin et turquoise. Il apparie si bien l'azur au sang d'Afrique. Il embrase si rouge son firmament si pâle.

Comme cette anse de France, fixant le Mozambique, ton œil, je veux y vivre, ou y mourir, qu'importe. Pourvu qu'on m'y abîme, pourvu qu'on m'y emporte. Je le veux pour demeure et si c'est la dernière, c'est éperdue d'amour que j'y reposerai.

Je le veux pour demeure et si c'est la dernière, seras-tu, mon amour, ma dernière pensée ?